La buse variable (Buteo buteo) est le rapace diurne que l’on observe le plus souvent en France : un oiseau trapu d’environ 50 cm de long, pour une envergure proche de 1,20 m. On la voit posée sur un piquet au bord d’une route ou tournant en planant au-dessus des champs. Son nom vient de son plumage, qui change fortement d’un individu à l’autre.
Taille, envergure et poids de la buse variable
L’adulte mesure de 50 à 57 cm de la tête au bout de la queue. Son envergure va de 113 à 128 cm, ce qui lui donne des ailes larges par rapport à un corps compact. La femelle est légèrement plus grande que le mâle, mais les deux sexes se ressemblent trop pour se distinguer à l’oeil nu sur le terrain.
| Mesure | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 50 à 57 cm |
| Envergure | 113 à 128 cm |
| Poids moyen | environ 700 à 800 g |
| Longévité maximale connue | près de 29 ans |
La longévité de près de 29 ans est un record d’oiseau bagué. En pratique, très peu d’individus atteignent un âge pareil.
Cette taille la place nettement au-dessus de l’épervier et du faucon crécerelle, mais en dessous des grands aigles. Posée, elle paraît ramassée, la tête enfoncée dans les épaules, ce qui accentue son allure massive.
Plumages de la buse variable, du blanc au brun sombre
Le qualificatif « variable » vient de la coloration : certaines buses sont brun foncé presque uniformes, d’autres très claires, avec un ventre blanchâtre. Entre les deux, tous les intermédiaires existent. La buse variable blanche correspond aux individus les plus pâles, rares mais bien connus des observateurs.

Malgré cette variation, quelques repères restent stables : une bande plus claire en travers de la poitrine, une queue finement barrée, ainsi que des pattes et une cire jaunes. Le juvénile ressemble à l’adulte, avec des stries claires sur la tête et des bords de plumes roux, et n’atteint son plumage définitif que vers 16 mois.
Reconnaître la buse variable en vol
En vol, la silhouette est celle d’un rapace massif : ailes larges et arrondies aux extrémités digitées, queue courte déployée en éventail. Elle plane en grands cercles, ailes légèrement relevées, en exploitant les courants d’air chaud. Elle pratique aussi le vol sur place face au vent, pour inspecter le sol.

Les confusions sont fréquentes avec d’autres rapaces, en particulier l’épervier, plus petit et plus fin. Pour comparer les deux oiseaux point par point, la page sur la différence entre buse et épervier détaille les critères d’identification.
Un détail aide à la repérer de loin : la buse reste souvent immobile sur le même perchoir pendant de longues minutes, alors que l’épervier traverse un espace dégagé en vol rapide et bas.
Le cri de la buse variable
Le cri de la buse variable est un miaulement aigu et plaintif, souvent répété, que l’on entend de très loin quand elle tourne au-dessus de son territoire. Elle crie surtout pendant la parade et la défense de son domaine. Au nid, les cris des jeunes sont plus rauques, proches d’un gloussement.
D’autres rapaces ont des cris très différents, comme le montre l’article sur le cri du faucon, plus sec et plus rapide.
Habitat et régime alimentaire de la buse variable
Cet oiseau occupe des boisements de toutes tailles, du simple bosquet à la forêt alluviale, à condition qu’un espace ouvert soit proche : prairies, champs, bocage ou lisières. Elle chasse le plus souvent à l’affût, depuis un perchoir, puis fond sur sa proie.
Son menu se compose surtout de petits mammifères, en premier lieu les campagnols. Elle complète avec des oiseaux, des reptiles, des batraciens et des insectes, et se nourrit de charognes quand les proies manquent. Cette chasse patiente n’a rien à voir avec la plongée rapide décrite dans l’article sur la vitesse de chasse de l’aigle.
Les mâles exécutent des vols nuptiaux dès janvier et jusqu’en mars, avec des cercles amples et des piqués répétés au-dessus du futur site de nid. C’est la période où la buse crie le plus, et donc la plus facile à repérer.
Reproduction, prédateurs et protection
Le nid, fait de branches sèches, de racines et de brindilles et garni de feuilles vertes, est installé dans un arbre, entre 6 et 30 m de hauteur. La femelle pond en général 2 à 3 oeufs, à deux ou trois jours d’intervalle, et les couve environ 35 jours, le mâle lui apportant des proies. Les jeunes quittent le nid entre 32 et 41 jours, puis restent dépendants de leurs parents jusqu’à l’été.
Adulte, la buse n’a guère de prédateur naturel. Les jeunes au nid peuvent en revanche être attaqués par d’autres rapaces, dont les grands rapaces nocturnes.
En France, la buse variable est une espèce protégée, comme tous les rapaces : sa destruction, sa capture et la perturbation de son nid sont interdites. Elle n’est pas considérée comme menacée à l’échelle mondiale.

